Départ
Voila, après un mois d'oppression du petit roux, j'écris mon premier article. Demain nous nous envolons vers Khartoum pour un trajet qui nous prendra une journée avec une escale à Istanbul. J'ai terminé de faire mon sac et Adrien nettoie tout le savon qu'il a renversé dans le sien.
Voici l'inventaire du parfait touriste chill :
- maillot de bain
- slashs
- lunettes de soleil et crème de solaire (écran total pour le roux)
- une floppée de dollars
- des visas en ordre (nécessaire pour le soudan et l'Egypte)
- le guide du Bradt de Paul Clammer ( qui est d'ailleurs le seul ouvrage valide sur le soudan) + des guides sur les autres pays
- une chemise de faux styler
- une trousse de medoc avec les pillules pour la malaria, les problèmes gastriques du pays, lotions anti-moustiques et les autres conneries en cas de blessure ou attaque cardiaque
- moustiquaire évidement
- un guide d'arabe histoire de pouvoir éviter l'arnaque des taxis
Personnellement, un constat simple me pousse à l'aventure. J'ai 20 ans, je suis jeune. Je pense que c'est le meilleur âge pour oser s'aventurer dans les endroits reculés du globe. L'expérience que l'on en acquiert a une influence non négligeable sur l'adulte que l'on deviendra par après. Je pense qu'il est important pour comprendre le monde le plus objectivement possible de vivre ce que les autres vivent. D'ailleurs sans vouloir faire le philosophe à deux balles, j'ai écrit il y a quelques temps une considération qui exprime bien à mon sens notre état d'esprit actuel.
...blablablabla... (note d'Adrien)
"Voyager est l'aboutissement même de l'humain. L'ouverture d'esprit et le partage de moments simples sont parmi les nombreuses choses que le voyage apporte à chacun. Luttant contre l'immobilisme de la pensée et la stratification de nos valeurs, la démarche vers son extérieur nous enseigne à tous, et ce de manière plus ou moins personnelle, comment rendre notre esprit pur. Si les êtres humains s'attachaient moins à des agrégats matériaux, pourrait-on lire au plus profond de nous-même le sourire de chaque individu que nous incarnons ? La réponse est plus que positive. Cependant, nombreux sont ceux qui ont peur du risque de tout quitter. Pourtant, je le répète, on gagne énormément à se laisser aller vers d'autres zéniths et horizons. C'est peut-être pourquoi il faut aller dans le désert aujourd'hui pour observer la multitude d'étoiles qui nous rendent insignifiants."
Les pays que l'on va parcourir sont à la base un bête trip. Ce genre de blague que l'on fait comme ça et qui se suivent par un "Pourquoi pas?" et trois mois après, on se retrouve dans le siège d'un avion de ligne partant vers l'inconnu en train de se demander si c'était vraiment une bonne idée.
La règle n°1 du voyageur averti est de ne pas se trouver dans des lieux où l'on est pas supposé être. Je ne pense pas que les pays que l'on va visiter soient spécialement dangereux mais demandent certainement une approche rigoureuse de certaines situations que cela soit concernant l'étiquette par rapport à d'autres normes sociales en vigueur ou par rapport à des régions potentiellement conflictuelles.
Malgré de nombreux apprioris, la région nubienne au Soudan est relativement calme, même s'il y a deux mois, il y a eu une extention exceptionelle du conflit du Darfour à Khartoum. Les gens sont réputés être extrêmment hospitaliers et d'une gentillesse sans pareille. On va faire en sorte que le consul honoraire à Khartoum soit au courant de nos déplacements et puis pour le reste...
Inch'Allah.
Sébastien
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